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Formation en Direction d'Institutions de formation

Réforme du processus d’admission à l’Ecole Technique – Ecole des métiers de Lausanne

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Ecole Technique – Ecole des métiers de Lausanne (ETML)

Les formations certifiantes proposées par la FORDIF se structurent autour de projets professionnels concrets, que les participants, tout au long de leur parcours,  planifient et mettent en oeuvre au sein de leur établissement ou au sein de leur cadre professionnel.

Sur cette page, Christophe Unger et Pierre-André Favre nous présentent le projet mené à l’Ecole Technique – Ecole des métiers de Lausanne (ETML).

Parcours professionnels

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Christophe Unger a obtenu son diplôme d’ingénieur EPF en génie rural et environnement en 1996. Il a exercé sa profession dans un bureau de géomètre, où il s’est occupé des améliorations foncières et a géré plusieurs remaniements parcellaires. Il a alors pris conscience des réalités d’une petite entreprise et vécu un premier contact avec la formation professionnelle duale, auprès de ses apprentis dessinateurs-géomètres. Il a réorienté sa carrière dans le secteur de la formation, tout d’abord au sein de l’Université des Nations où il a acquis des compétences managériales et une expérience interculturelle, puis à l’Etat de Vaud au sein des classes d’accueil de l’OPTI (2003) et à l’Ecole technique – Ecole des métiers de Lausanne (ETML) en 2004. En 2005, il s’investit dans la mise en place de la classe de préapprentissage. En 2010, il a rejoint la direction de l’école comme doyen responsable de l’enseignement théorique et en 2013, il accède au poste de directeur adjoint. A la fin de l’année 2015, il est désigné nouveau directeur de l’ETML.

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Pierre-André Favre a été doyen en charge de l’admission, du marketing et du préapprentissage à l’ETML, occupant le poste de directeur adjoint depuis décembre 2015.  Suite à l’obtention d’un CFC d’électronicien, il a travaillé une année en entreprise puis a rejoint l’école d’ingénieur HES, pour obtenir son diplôme en 1984. Durant deux ans, il a fait partie d’une équipe d’ingénieurs, participant à la mise au point, la réalisation et la mise en service de plusieurs projets de commande de processus industriels, dont le dernier comme responsable. Il est entré à l’ETML en 1986 comme maître professionnel au laboratoire d’électronique numérique avec, dès la première année, une maîtrise de classe. Après sa formation pédagogique, quelques années d’expérience et une formation de mentor IFFP, il a accompagné des nouveaux enseignants en formation. En 1997, après avoir animé durant deux ans une importante réflexion pédagogique au sein de l’équipe d’enseignants de l’électronique, la direction lui a confié la charge de maître principal, responsable de l’enseignement pratique et théorique de la profession. En janvier 2013, il s’inscrit au CAS de la FORDIF avec Christophe Unger.

L'institution

L’Ecole Technique – Ecole des Métiers de Lausanne (ETML) est une école de métiers publique qui forme à plein temps des jeunes dans les disciplines pratiques et théoriques.  Elle regroupe sept formations initiales techniques et artisanales de niveau CFC, quatre formations supérieures de niveau ES et un préapprentissage-orientation technique. Cet établissement fait cohabiter des professions techniques assez diverses: informatique, électronique, automatique, polymécanique, automobile, menuiserie et ébénisterie. La diversité des filières représente une véritable richesse pour l’école, qui accueille chaque année environ 820 jeunes en formation.PhotosUnger et Favre_V4_Page_1

Un des traits qui distingue les écoles de formation à plein temps des autres écoles professionnelles est qu’elles sont le « patron-métier ». Ces écoles de formation à plein temps représentent un modèle minoritaire face au système dual suisse, assurant la formation théorique et la formation pratique en atelier. Face à cette particularité L’ETML se retrouve dans la position d’un patron qui doit choisir ses apprentis.

Dans ce cadre, le choix de la visée d’action prioritaire (VAP) s’est porté sur la mise en place d’une réforme du processus d’admission qui vérifierait pour tous les candidats l’adéquation pour le métier, avant l’orientation dans les filières CFC ou Maturité professionnelle intégré (MPTi). Ce travail développé au long du CAS de la FORDIF est parti d’un constat d’amélioration et d’une mise en conformité avec le règlement d’application de la loi sur la formation professionnelle (RLVLFPr du 30 juin 2010, art.112).PhotosUnger et Favre_V4_Page_2PhotosUnger et Favre_V4_Page_4

Révision de la procédure d’admission

Jusqu’à la rentrée 2014, il existait une différentiation dans l’admission en filière CFC et MPTi.  Les candidats remplissant les conditions d’admission aux formations gymnasiales étaient admis de droit à la maturité professionnelle technique intégrée (MPTi) et – de ce fait – échappaient aux tests d’admission. La mesure du sérieux de leur orientation professionnelle ne reposait que sur l’entretien et s’avérait moins bien vérifiée. Un certain nombre d’entre eux quittait l’école en cours de formation en invoquant une réorientation professionnelle.

Le problème de départ consistait à trouver des solutions pour orienter correctement les élèves de la maturité professionnelle,  en procédant autrement et mieux que sur la base des seuls résultats scolaires.

Ce projet de réformer le processus d’admission s’ajoutait à un projet d’amélioration du suivi des apprentis en cours de formation (qui n’intégrait pas formellement la VAP).

Une visée d’action prioritaire menée en duo

M. Unger et M. Favre avaient au moment de la VAP des responsabilités distinctes qui touchaient de façon complémentaire cet objectif d’amélioration du processus d’admission :

  • Christophe Unger était doyen responsable de l’enseignement de la théorie, en particulier de la maturité professionnelle ;
  • Pierre-André Favre était doyen responsable des admissions, du préapprentissage et de la communication externe.

Ils ont entrepris un travail d’équipe qui a permit de porter deux regards au projet, en étant professionnels de deux secteurs différents. Par moment, cela a demandé une synchronisation dans la confrontation des idées.

Conception

Les réflexions et décisions ont été menées en conseil de direction de l’ETML.

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Communication

Pour cela, le projet impliquait deux populations : les maîtres d’enseignement professionnel, déjà sensibilisés à ces questions ; et les maîtres d’enseignement théorique, moins sensibilisés, mais inquiets, car cette nouvelle démarche pouvait représenter une surcharge.

La question temps et communication :

  • communication externe : pour cette reformulation, la mise à jour des documents (brochures ; formulaires/dossiers d’inscription ; etc.) a dû être préparée bien à l’avance, avec un concours en février 2014 pour la rentrée suivante ;
  • communication interne : La procédure d’admission devait s’ajuster aux délais du calendrier des admissions et ayant rajouté des éléments dans cette démarche, il existait une crainte de perte de candidats.
  • Dès la planification du projet, notamment par l’analyse SWOT, l’échéancier et le plan de communication, l’équipe a essayé de limiter et contourner certains écueils potentiels.
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Une nouvelle procédure

Dans la procédure, il y a globalement 3 étapes :

  • les jeunes candidats postulent sur dossier ;
  • les candidats passent un test psychotechnique, qui permet de vérifier de l’adéquation des compétences détenues et des compétences exigées pour le métier ;
  • les candidats passent un entretien qui permet d’évaluer leurs motivations (en présence de deux personnes).
Organisation des entrevues

Pour une plus grande équité, il a été décidé que les entretiens seraient menés par deux enseignants. Cela a amené à une révision et amélioration du canevas et guide d’entretien, et il a donc fallu former ces interviewers, alors qu’il existait des états d’esprit de métiers très différents. Cela représentait un point de résistance.

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La visée d’action

Au total, la procédure a reçu 430 candidats contre 340 auparavant. Le nombre plus élevé d’épreuves à corriger (des épreuves également minutées, pour une question d’équité) a été un facteur de stress du côté logistique et des ressources humaines. Dans un bilan du concours, la procédure a dû mobiliser plus de ressources qu’au préalable, mais l’implémentation de cette nouvelle démarche s’est vraiment très bien passée.

Un processus d’amélioration continu

Étant sur un projet d’amélioration, le choix s’est porté sur la Roue de Deming (Act ; Plan ; Do ; Check),  évidemment l’école avait déjà cette pratique d’amélioration continue, toutefois, il s’agissait dans ce cas précis d’un projet plus conséquent. De fait, L’ETML disposait déjà d’un Système de Management de la Qualité (SMQ), certifié ISO 9001:2008 et EduQua.

Vers une organisation apprenante

Cette réforme a engagé un apprentissage en équipe. L’exemple de la formation aux entretiens et de l’élaboration du guide est un exemple qui illustre cela. Lors du projet, cinq groupes de taille réduite ont été constitués, mélangeant les diverses professions, afin de favoriser les échanges et l’apprentissage mutuel, sachant que chaque participant avait déjà une expérience dans la conduite d’interviews. Le canevas présenté à cette occasion a fait l’objet d’échanges et réflexions fort judicieuses, ayant ensuite subi plusieurs améliorations successives, d’une session à l’autre, jusqu’à sa version finale. Le résultat de ces cinq sessions n’était pas uniquement l’apprentissage individuel des interviewers, mais bien l’apprentissage global de l’organisation.

Bilan : une réforme aboutie

L’admission est dorénavant plus équitable et se réalise sur la base du choix professionnel. Elle est donc plus facile à argumenter et plus transparente vis à vis des candidats et des enseignants.

Ce travail gratifiant a permis de poser une réflexion sur des éléments qui ont débouché sur l’introduction de changements concrets. Cela a été l’occasion de prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir aux pratiques menées, pour travailler au niveau fonctionnel et pas seulement au niveau opérationnel, un temps pour sortir la « tête du guidon ».

Cette réforme a apporté une amélioration de la qualité de la sélection et une orientation professionnelle vérifiée pour les candidats à la Maturité professionnelle (TASVi).

Actuellement, il est trop tôt pour avoir des résultats statistiques, car la première volée sujette à ces nouvelles conditions a été admise à la rentrée 2014. Dans le suivi de ce projet, un des axes de développement suivant consistera  à diminuer le nombre de ruptures pour réorientation professionnelle.

Contact
FORDIF p.a. IDHEAP
Béatrice Hausmann
UNIL-Mouline – Bâtiment IDHEAP
CH-1015 Lausanne
+41 21 692 68 57 beatrice.hausmann@unil.ch